François de Sales, "patron" des écrivains et des journalistes
Pour clore le cycle de conférences sur la vie religieuse à Annecy dans les temps anciens, les Amis du vieil Annecy ont reçu le Père Tournade, Oblat de la congrégation Saint-François de Sales, qui, devant un auditoire fourni, l’a éclairé sur la courageuse reconquête du Chablais par François de Sales et son frère Louis avec l’appui du baron d’Hermance. Il fallait ramener les fidèles, séduits par la rigueur du protestantisme qui triomphait à Genève, dans le giron de l’église catholique. L’orateur a insisté sur les capacités d’écoute et de dialogue de ce missionnaire et sa volonté de reconstruire, au milieu des désordres terribles de son temps, une confiance dans la religion catholique, seule capable de permettre à son roi et à son royaume sarde de vivre dans l’harmonie religieuse, garante de la paix.
Ne croyant plus aux prêches publics, peu efficaces et dangereux en Chablais, François de Sales avait fait le choix d’écrire des « libelles » qu’il faisait afficher dans des endroits fréquentés. Il a posé ainsi les fondements du métier de journaliste de presse, alliant vérité et tolérance dans ces pages élégamment écrites qu’il nomma « Controverses ». Ces analyses fines de la situation ne cédaient cependant en rien par « leur douce violence » à sa volonté de reconquête des « âmes égarées dans la religion réformée ». La qualité de ses écrits lui valut d’ailleurs dès 1823 le titre de «Patron des journalistes » qui lui fut décerné par Pie XI.
Nul n’ignore non plus l’importance des œuvres qu’il publia ensuite, dont « L’Introduction à la vie dévote », dans laquelle il démontre qu’une vie chrétienne n’est pas l’apanage des seuls ecclésiastiques mais se trouve à la portée, avec un certain effort, de chacun, y compris des fidèles isolés du monde par un empêchement de l’audition, de la vision, ou de la parole. Pour eux, il chercha les moyens de surmonter ce handicap, démarche novatrice qui lui valut aussi la réputation de « Patron des sourds ».