« À Annecy j’étais dans l’ivresse » Sur les pas de Jean-Jacques Rousseau
La conférence de Pierre Lanternier, guide conférencier d’Annecy, le mardi 24 avril 2012, programmée dans le cycle « 300e anniversaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau », avait pour thème « A Annecy j’étais dans l’ivresse » ou Sur les pas de Jean-Jacques Rousseau.
Tout au long de l’année 2012, de nombreuses manifestations célèbreront le troisième centenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, écrivain et philosophe de référence pour le XVIIIe siècle.
« A ANNECY J’ÉTAIS DANS L’IVRESSE » Par Pierre LANTERNIER
Le souvenir de Jean-Jacques Rousseau est très lié à Annecy et plus particulièrement à celui de sa rencontre avec madame de Warens. Aussi, la Société des Amis du Vieil Annecy a-t-elle voulu s’inscrire dans les manifestations culturelles de cet anniversaire, en présentant un cycle de six conférences.
Parmi les différents sujets retenus, il a paru important de rappeler les endroits fréquentés par Rousseau au cours de ses trois séjours annéciens : lui-même, les évoquera avec beaucoup d’émotion dans ses Confessions.
Pierre Lanternier nous emmène dans les pas de Rousseau vers des lieux connus, voir mythiques, parfois inattendus, et qui, tous, ont marqué le philosophe des Lumières.
Le titre est une phrase extraite des Confessions ; si Rousseau rencontre madame de Warens à Annecy, il ne deviendra son amant qu’à Chambéry, et ce n’est qu’après avoir fait l’amour pour la première fois avec madame de Warens qu’il écrira : « La longue habitude de vivre ensemble et d’y vivre innocemment, loin d’affaiblir mes sentiments pour elle, les avait renforcés, mais leur avait en même temps donné une autre tournure qui les rendait plus affectueux, plus tendres peut-être, mais moins sensuels. À force de l’appeler Maman, à force d’user avec elle de la familiarité d’un fils, je m’étais accoutumé à me regarder comme tel. Je crois que voilà la véritable cause du peu d’empressement que j’eus de la posséder, quoiqu’elle me fût si chère. Je me souviens très bien que mes premiers sentiments, sans être plus vifs, étaient plus voluptueux. À Annecy, j’étais dans l’ivresse ; à Chambéry, je n’y étais plus (…) Je ne sais quelle invincible tristesse en empoisonnait le charme. J’étais comme si j’avais commis un inceste.» On sait que très vite il l’appelait « Maman » elle l’appelait « Petit ».
Les quatre premiers livres des Confessions ont été rédigés d’après souvenirs entre 1765 et 1767, plus de trente-cinq ans après. Ils seront publiés en 1782.