Prochaine conférence mardi 17 février 2026
Par Josiane Beaud
Cette conférence aura pour thème la ligne ferroviaire européenne qui nécessite le creusement du tunnel que l’on sait entre Lyon et Turin. Nous aurons l’honneur d’accueillir madame Josiane Beaud, présidente de la Commission intergouvernementale France-Italie du « Lyon-Turin ». Elle fera le point sur l’avancement du tunnel et sur les répercussions possibles de la ligne sur l’histoire de la Savoie et d’Annecy. Un rendez -vous important !
Espace Yvette Martinet - 18 H le 17 février 2026
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Résumé de la conférence du mardi 20 janvier 2026
« LE TRAMWAY POUR THONES VA PARTIR «
Conférencier : Jean-François Campario
C’est dès 1886 qu’apparut le premier projet de liaison Annecy - Thônes par tramway.
Le département étant alors dans l’incapacité d’en financer la réalisation, le projet fut abandonné faute d’avoir à Annecy une banque suffisamment « solide » pour le supporter.
Il fallut attendre la validation du projet de Jules Barut (1857-1929) en 1892 pour que le projet de liaison soit voté et les premières études entreprises.
De nombreuses modifications du tracé de la ligne furent nécessaires avant que le trajet soit enfin validé. Il passerait par Annecy-le-Vieux et le défilé de Dingy plutôt que de passer le long du lac et de grimper ensuite par la côte de Menthon (projet qui aurait alors concurrencé la desserte des bateaux à vapeur du lac). La poursuite jusqu’à Frangy fut abandonnée car peu rentable après Thônes.
En association avec ses principaux associés du moment (Léon Laydernier, Francis Crolard et Eugène Laeuffer) Jules Barut lança, pour financer un capital de 650 000 francs or, l’émission de 1300 actions/obligations de 500 francs avec promesse d’un dividende de 7% l’an (rarement atteint). Ces actions étaient réparties entre près de 300 souscripteurs (dont peu résidaient à Thônes).
La convention prévoyait la concession pour une durée de 75 années de la ligne à la Compagnie du T.A.T. sans garantie, que ce soit pour son fonctionnement ultérieur ou sa construction.
L’inauguration officielle eu lieu le 11 septembre 1898 et fit les faveurs du « Savoyard de Paris » qui consacra 3 articles dans ses éditions successives pour faire les éloges de cette nouvelle ligne et les avantages qu’elle proposerait pour les touristes (curistes et premiers skieurs en particulier).
Le convoi se composait d’une locomotive noire à vapeur, alimentée au charbon, de type Buffaud-Robatel, fabriquée à Lyon, et de 3 wagons (en général 2 voitures pour les voyageurs en classes mixtes 1 et 2 allant jusqu’à 100 personnes au total et une de marchandises), à deux essieux, n°A1 et 2.
La ligne était à voie unique entre Annecy et Thônes, avec possibilité de croisement en gare de Dingy. La voie était en 1 m de large, entourée d’empierrements et noyée dans la chaussée. Elle était par ailleurs dotée d’une liaison téléphonique. Les convois roulaient à allure modérée (14-15 km/h) et la liaison entre Annecy et Thônes était effectuée en 1H30 environ (à titre de comparaison il fallait avant 3H par diligence mais il ne faudra que 45 mn par autocar vers 1930).
Le tramway a, avant le développement du tourisme, largement servi au transport de marchandises (bois, sable, etc.) ainsi qu’au transport du courrier. Il assurait l’emploi de nombreux familiers des villes desservies sur son passage et employait jusqu’à 40 personnes (personnel roulant et personnel fixe dont une bonne partie de ce dernier n’était qu’en emploi secondaire).
Le tortillard desservait 10 arrêts (dont certains facultatifs) : gare d’Annecy - halte du Pâquier - halte des Salomons - halte de Vignières - station d’Annecy-le-Vieux - station de Sur-les-Bois - station de Dingy-Saint-Clair - halte d’Alex - station des Morettes - gare de Thônes.
Il y eu quelques accidents à déplorer, dont celui du 21 mai 1910, et quelques déraillements dus à des tassements de voie ou à des éboulements rocheux.
La Grande Guerre faillit marquer l’arrêt du service par suite du manque de combustible et par la réduction importante du trafic des voyageurs et des marchandises. En 1923 cependant les chiffres de fréquentation avaient retrouvé ceux d’avant-guerre.
Les difficultés s’accrurent sérieusement à compter de 1927 et la concurrence devenue trop importante des voitures / car de tourisme allait marquer l’arrêt de l’exploitation le 14 mai 1930.
Dès 1975 l’Association des Amis du Val de Thônes s’est intéressée au tramway et lui a consacré deux expositions principales en 1979 puis en 1998 (pour le Centenaire).