Prochaine conférence mardi 17 fmars 2026
Par André Pallatier
Après le projet du tunnel ferroviaire du Lyon-Turin, de 57,5 km, étudié dans la conférence précédente, nous nous intéresserons à un autre tunnel franco-italien : le tunnel dit du Mont-Cenis, percé à partir du 31 août 1857 sous le Fréjus. Il mesure 12,3 km - une longueur record à cette date. Le savoyard Germain Sommeiller en était l’ingénieur en chef.
André Pallatier, principal honoraire de collège, est l’auteur du livre sur la catastrophe ferroviaire de Saint-Jean de Maurienne en 1917. De nombreux poilus permissionnaires en ont été victimes.
Espace Yvette Martinet - 18 H le 17 mars 2026
---------------------
« Mesdames et messieurs, le tramway pour Thônes va partir ! ». Cette conférence de Jean-François Campario, membre des Amis du Val de Thônes a été donnée le 20 janvier. Vous en trouverez le compte rendu détaillé sur le site des Amis du Vieil Annecy.
Le Lyon - Turin, les enjeux pour Annecy. L’Italie, la France et l’Europe creusent un tunnel de base de 50 km sous les Alpes qui modifiera la carte des liaisons ferroviaires européennes. Les répercussions seront nombreuses pour l’économie régionale. La Société des Amis du Vieil Annecy sera très fière d’accueillir madame Josiane Beaud, présidente de la Commission Intergouvernementale Italie-France du Lyon -Turin. Elle rappellera les raisons et les attentes de ce projet exceptionnel. Elle apportera les informations les plus précises sur l’avancement du chantier..Mardi 17 février.
Germain Sommeiller, le pari politique du tunnel ferroviaire sous le Fréjus. Il était tentant de rapprocher la conférence du Lyon-Turin de celle du tunnel sous le Fréjus dit du Mont-Cenis, « un autre plus long tunnel ! ». Le chantier de celui-ci avait été conduit par Germain Sommeiller, ingénieur en chef, un ancien élève du collège Chappuisien d’Annecy. André Pallatier évoquera les batailles que Sommeiller a dû mener, avec son ami Cavour, contre de multiples oppositions dont celles de la France farouchement opposée à ce projet concurrent des ports méditerranéens. Mardi 17 mars.
Transports en tous genres sur le lac d’Annecy. Professeur agrégé de géologie, Philippe Grandchamp est passionné par le lac d’Annecy et ses activités. On lui doit les remarquables études sur « Les bateaux à vapeur du lac d’Annecy » et sur « La batellerie en bois du lac d’Annecy », publiées dans la collection des Annesci. Le Lac n’a pas été utilisé que pour le tourisme, il a été aussi une voie d’eau permettant le transport de matériaux les plus divers, sans oublier le vin de la rive droite. Le conférencier évoquera ces différentes fonctions. Mardi 21 avril.
Histoire de l’aéroport d’Annecy-Haute-Savoie. Aménagé en 1935 comme aéroport militaire, il a accueilli les avions américains à la fin de la guerre. Devenu aéroport civil pour l’aviation d’affaires, il est aujourd’hui propriété du Conseil départemental qui a délégué son exploitation à une société privée. Du fait de ses responsabilités professionnelles et électives à Épagny-Metz- Tessy, Roland Daviet rappellera l’histoire de cet aéroport qu’il connaît bien. Mardi 26 mai.
Louis Armand, citoyen d’Honneur d’Annecy, ingénieur du train et grand serviteur de l’État. Ce polytechnicien s’était fait connaître pour ses recherches sur le traitement de l’eau utilisée pour la traction à vapeur. Résistant exemplaire, il avait été condamné à mort. Directeur général de la SNCF, il a conduit l’électrification du réseau ferroviaire français. Il a été appelé comme consultant par les différents gouvernements, en 1960, le Plan Rueff-Armand faisait référence. Louis Armand sera élu à l’Académie française. Michel Amoudry évoquera ce grand ami d’Annecy dont il est citoyen d’honneur. Mardi 9 juin.
Toutes les conférences à 18h salle Yvette Martinet - avenue des Iles.
-----------------------
Il faut tout d’abord rappeler les enjeux qui ont motivés ce chantier international de grande envergure.
* Les jeux Olympiques d’Albertville et le rêve du TGV que l’on imaginait amener un peu partout
* La saturation des tunnels routiers existants dans ces années 80-90
* La Convention Alpine de 1991 signée entre sept européens qui lancent des projets de tunnels en vue de la création du grand réseau européen : Allemagne, Autriche, France, Italie, Liechtenstein, Suisse et Slovénie
* Les inconvénients des tunnels existants en altitude pour le fret : il faut ajouter deux locomotives à l’arrière pour pousser chaque convoi
* Le développement du grand Réseau de Transport Européen
* Le pacte « vert » européen en vue de limiter la pollution liée à la circulation des camions au travers de l’Europe.
Dans ce vaste espace, le Lyon-Turin appartient au couloir méditerranéen (corridor pour l’Europe) : 1.700 km sur les 17.000 km du R.T.E. Son atout majeur est lié à son orientation Est-Ouest qui permet les interconnexions en Europe, sa longueur qui, à terme, ira du sud de l’Espagne jusqu’à Kiev, devenant alors une ligne stratégique dans la défense européenne. Ces divers avantages ont été confirmés lors de la signature du traité du Quirinal le 26 novembre 2021.
Les avantages de ce projet Lyon-Turin :
* Gain de temps pour le fret car le passage des tunnels à basse altitude supprime les inconvénients précités
* Grand gabarit permettant tout type de fret, y compris les conteneurs
* Permettrait de capter la moitié du trafic des marchandises en transit entre France et Italie (1,5 millions de camions sur les 3 millions à cette date)
* Gain de temps significatif pour les voyageurs : ex. Lyon-Turin en 2H au lieu de 4H auparavant permettant d’accroître à 5 millions le trafic voyageurs / an avec 25 à 30 trains / jour.
Concrétisation du projet :
* Premier acte en France : DUP pour tunnel de base en 2008 * Second acte : DUP des accès en 2013 (une seule voie)
* Rejet de tous les recours par le Conseil d’État
Le Promoteur - Maître d’Ouvrage :
* Tunnel Euralpin Lyon-Turin - TELT
* Société binationale privée dont les deux associés sont les états : France et Italie
* TELT deviendra exploitant du tunnel et de la ligne : Saint-Jean de Maurienne / Suse.
Le tunnel de base du Mont-Cenis n’est plus un simple projet mais un chantier en cours actuellement :
* 2 tubes séparés de 57,5 km chaque (45 en France et 12,5 en Italie)
* 204 rameaux de sécurité (200 m chaque) assurant l’interconnexion entre les voies pour secours
* 3.000 emplois directs créés + 8.000 indirects - 200 entreprises
* Tous les marchés sont passés : 10 sur 12 - restent les deux marchés liés à l’exploitation future
* Capacité de 300 trains / jour pour 5 millions de voyageurs et 40 millions de tonnes de marchandises / an
* Ouverture prévue des tunnels : 2033.
Résumé financier :
* 11,1 milliards d’euros (valeur 2012) pour les tunnels
* 12 milliards d’euros pour les aménagements des lignes actuelles en vue de leur connexion aux tunnels et contournement du fret et des accès.
Ouverture totale à deux voies (une dans chaque sens pour voyageurs et fret) : horizon 2045.
o-O-O-O-o
Résumé de la conférence du mardi 20 janvier 2026
« LE TRAMWAY POUR THONES VA PARTIR «
Conférencier : Jean-François Campario
C’est dès 1886 qu’apparut le premier projet de liaison Annecy - Thônes par tramway.
Le département étant alors dans l’incapacité d’en financer la réalisation, le projet fut abandonné faute d’avoir à Annecy une banque suffisamment « solide » pour le supporter.
Il fallut attendre la validation du projet de Jules Barut (1857-1929) en 1892 pour que le projet de liaison soit voté et les premières études entreprises.
De nombreuses modifications du tracé de la ligne furent nécessaires avant que le trajet soit enfin validé. Il passerait par Annecy-le-Vieux et le défilé de Dingy plutôt que de passer le long du lac et de grimper ensuite par la côte de Menthon (projet qui aurait alors concurrencé la desserte des bateaux à vapeur du lac). La poursuite jusqu’à Frangy fut abandonnée car peu rentable après Thônes.
En association avec ses principaux associés du moment (Léon Laydernier, Francis Crolard et Eugène Laeuffer) Jules Barut lança, pour financer un capital de 650 000 francs or, l’émission de 1300 actions/obligations de 500 francs avec promesse d’un dividende de 7% l’an (rarement atteint). Ces actions étaient réparties entre près de 300 souscripteurs (dont peu résidaient à Thônes).
La convention prévoyait la concession pour une durée de 75 années de la ligne à la Compagnie du T.A.T. sans garantie, que ce soit pour son fonctionnement ultérieur ou sa construction.
L’inauguration officielle eu lieu le 11 septembre 1898 et fit les faveurs du « Savoyard de Paris » qui consacra 3 articles dans ses éditions successives pour faire les éloges de cette nouvelle ligne et les avantages qu’elle proposerait pour les touristes (curistes et premiers skieurs en particulier).
Le convoi se composait d’une locomotive noire à vapeur, alimentée au charbon, de type Buffaud-Robatel, fabriquée à Lyon, et de 3 wagons (en général 2 voitures pour les voyageurs en classes mixtes 1 et 2 allant jusqu’à 100 personnes au total et une de marchandises), à deux essieux, n°A1 et 2.
La ligne était à voie unique entre Annecy et Thônes, avec possibilité de croisement en gare de Dingy. La voie était en 1 m de large, entourée d’empierrements et noyée dans la chaussée. Elle était par ailleurs dotée d’une liaison téléphonique. Les convois roulaient à allure modérée (14-15 km/h) et la liaison entre Annecy et Thônes était effectuée en 1H30 environ (à titre de comparaison il fallait avant 3H par diligence mais il ne faudra que 45 mn par autocar vers 1930).
Le tramway a, avant le développement du tourisme, largement servi au transport de marchandises (bois, sable, etc.) ainsi qu’au transport du courrier. Il assurait l’emploi de nombreux familiers des villes desservies sur son passage et employait jusqu’à 40 personnes (personnel roulant et personnel fixe dont une bonne partie de ce dernier n’était qu’en emploi secondaire).
Le tortillard desservait 10 arrêts (dont certains facultatifs) : gare d’Annecy - halte du Pâquier - halte des Salomons - halte de Vignières - station d’Annecy-le-Vieux - station de Sur-les-Bois - station de Dingy-Saint-Clair - halte d’Alex - station des Morettes - gare de Thônes.
Il y eu quelques accidents à déplorer, dont celui du 21 mai 1910, et quelques déraillements dus à des tassements de voie ou à des éboulements rocheux.
La Grande Guerre faillit marquer l’arrêt du service par suite du manque de combustible et par la réduction importante du trafic des voyageurs et des marchandises. En 1923 cependant les chiffres de fréquentation avaient retrouvé ceux d’avant-guerre.
Les difficultés s’accrurent sérieusement à compter de 1927 et la concurrence devenue trop importante des voitures / car de tourisme allait marquer l’arrêt de l’exploitation le 14 mai 1930.
Dès 1975 l’Association des Amis du Val de Thônes s’est intéressée au tramway et lui a consacré deux expositions principales en 1979 puis en 1998 (pour le Centenaire).